
La valeur des choses : apprendre à l’enfant à prendre soin et à ne pas gaspiller
« Ce n’est pas grave, on en rachètera un autre. » Cette phrase, si facile à dire, enseigne sans le vouloir que les objets n’ont pas de valeur. Or le jeune enfant est tout à fait capable d’apprendre à prendre soin de ce qu’il possède, à ne pas gaspiller et à se contenter de ce qu’il a. Cela commence très tôt, par de petits gestes.
Moins d’objets, plus de soin
Un enfant entouré de dizaines de jouets ne sait plus lesquels il aime. Il les disperse, les abîme, les oublie. Un enfant qui en a quelques-uns, bien rangés et choisis, en prend soin et les utilise vraiment. C’est l’un des principes de la classe Montessori : peu de matériel, en bon état, chaque chose à sa place (voir apprendre à ranger). À la maison, on peut faire tourner les jouets : en ranger une partie dans un placard et la ressortir quelques semaines plus tard.
Réparer plutôt que jeter
Un livre déchiré se recolle, un vêtement se recoud, un jouet se répare souvent. Lorsque c’est possible, réparez avec votre enfant. Il découvre qu’un objet a une histoire, qu’il a demandé du travail, et qu’on peut lui redonner vie. Quand un objet se casse par maladresse, inutile de gronder longuement : on constate, on répare si l’on peut, et l’on apprend à faire plus attention.
Ne pas gaspiller la nourriture
À table, servez de petites portions et laissez l’enfant se resservir s’il a encore faim. Il apprend à écouter son appétit et à ne pas jeter. Les restes peuvent devenir un autre repas. Le pain sec se transforme en pain perdu. Expliquez simplement que la nourriture vient du travail de nombreuses personnes, et que tout le monde n’a pas la chance d’en avoir assez.
L’argent, une notion concrète
Vers quatre ou cinq ans, l’enfant peut commencer à comprendre que les choses ont un prix. Au marché, laissez-le tendre la pièce et recevoir la monnaie. Expliquez qu’on ne peut pas tout acheter et qu’il faut parfois choisir. Une tirelire, où il glisse quelques pièces pour un projet précis, lui apprend la patience et la joie d’attendre ce qu’on désire.
Dire non aux envies, oui aux besoins
Les publicités et les vitrines éveillent des envies sans fin. Il n’est pas nécessaire de tout refuser, mais il est sain que l’enfant entende parfois « non » ou « pas maintenant ». Il découvre que le bonheur ne dépend pas de ce qu’on possède. C’est le chemin du contentement, et une protection pour toute sa vie contre l’insatisfaction.
Partager ce que l’on a
Prendre soin des choses, c’est aussi savoir les partager. Prêter un jouet, donner un vêtement devenu trop petit, offrir un fruit à un ami : ces gestes simples apprennent à l’enfant que les biens sont faits pour servir, et pas seulement pour être possédés. Nous développions cette idée dans le sens du service.
L’exemple des parents
Comme toujours, l’enfant apprend surtout en regardant. Des parents qui réparent, qui recyclent, qui ne jettent pas, qui savent se réjouir de ce qu’ils ont, transmettent mieux que tous les discours la valeur des choses, et le respect du travail qui les a rendues possibles.



