
Les conflits entre enfants : ce que nous faisons en classe pour les résoudre
Deux enfants veulent la même activité. Un troisième bouscule en passant. Un quatrième pleure parce qu’on ne veut pas jouer avec lui. Les conflits sont quotidiens dans une classe de maternelle, et c’est une bonne nouvelle : ils sont l’occasion d’apprendre à vivre ensemble.
Le conflit n’est pas un problème, c’est un apprentissage
Un enfant qui n’a jamais eu de conflit n’a jamais appris à le résoudre. Notre rôle n’est pas d’empêcher les conflits, mais d’aider les enfants à les traverser sans violence et, progressivement, sans nous.
Ce que nous faisons
Nous intervenons vite en cas de geste violent : la sécurité d’abord. Puis, une fois les enfants calmes, nous suivons une démarche simple :
- Chacun raconte : « Que s’est-il passé pour toi ? » L’autre écoute.
- Chacun dit ce qu’il ressent : « Tu étais triste ? Fâché ? »
- On cherche ensemble une solution : « Comment on pourrait faire ? »
- On répare si besoin : un geste, un mot, une aide.
Dans une classe Montessori, cette démarche est facilitée par une règle claire : une activité est à celui qui l’a prise, jusqu’à ce qu’il la range. On n’attend pas « son tour » en réclamant, on choisit autre chose en attendant. Cette règle, très concrète, évite une grande partie des conflits.
Le rôle des plus grands
Nos classes réunissent des enfants d’âges différents. Les plus grands sont souvent de remarquables médiateurs : ils rappellent la règle, consolent, proposent une solution. Ils apprennent ainsi la responsabilité et la bienveillance, tandis que les plus jeunes apprennent par imitation.
Ce que nous ne faisons pas
Nous ne demandons pas d’excuses forcées : un « pardon » obtenu sous la contrainte n’a pas de sens. Nous ne cherchons pas un coupable : dans la plupart des conflits, les deux enfants ont une part. Nous ne réglons pas le conflit à leur place : ce serait leur retirer l’occasion d’apprendre.
À la maison, avec les frères et sœurs
La même démarche fonctionne dans la fratrie : écouter chacun, nommer les émotions, chercher une solution ensemble. Elle demande plus de temps qu’un « Arrêtez, tous les deux ! », mais elle apprend quelque chose. Notre article sur la discipline scolaire développe cette approche.
Quand un conflit vous inquiète
Si votre enfant revient plusieurs jours de suite en parlant du même camarade, ou s’il ne veut plus aller à l’école à cause d’un autre enfant, dites-le-nous. Nous observerons, nous agirons, et nous vous tiendrons informés. La sécurité affective de chaque enfant est notre priorité absolue.



